Dans ma démarche, la représentation de la figure humaine est un jeu constant de dévoilement de soi et des autres, ces proches qui ajoutent à ma propre identité.
Habillé ou nu, le corps est livré dépouillé sur des fonds uniformes, non habités, sans perspective, invitant l’œil à se recentrer sur les regards ou les lignes de force corporelles qui résument l’individu, assoient sa personnalité, le rendent souverain.
Portraits et autoportraits, souvent en plan frontal, souvent tronqués, allusifs ou au contraire outrés « disent » l’importance de la relation du modèle avec l’artiste, du sujet devenu objet.
Est-il important de remarquer que je portraiture les miens : mari, enfants, amis, et que je m’immisce moi-même dans cet univers intime ?
Les portraits m’inscrivent, moi et mes proches, dans un acte de mise à nu parce que mes propositions sont sans concession et évitent l’écueil de la séduction.
Le glissement du portrait à la représentation du corps nu est une étape exigeante du passage du corps habillé comme métaphore, au corps essentiel, non travesti.
Là non plus : pas de fond-décor, pas de ligne d’accroche, le corps est le seul lieu de la perspective dans des postures ou basculements qui révèlent avec ostentation les richesses de notre gestuelle, les infinités des possibles du corps dans sa féminité et sa virilité et les parades à toutes les atteintes extérieures.
Les formes sont généreuses, le trait s’y plaît et s’y perd parfois, sombre soulignement des bribes de l’histoire secrète de nos corps.
Chez moi, tous sont désincarnés pour devenir écriture, imbrication de signes comme un nouvel espace, réceptacle de toutes les émotions qui ont impulsé l’acte pictural.